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Histoire

Histoire du Maroc

Préhistoire du Maroc

La Dynastie Idrisside

En 788, naissance de la première dynastie musulmane, d’origine moyen-orientale. En 791, l’État Marocain fut créé. Idriss Ier, descendant d’Ali, gendre du prophète, fuira l’Arabie pour échapper au massacre de sa famille et s’installera à Volubilis, fondant par la suite la ville de Fès,  qui, après sa mort en 792, sera désignée capitale du Royaume par son fils Idriss II qui lui succédera. Ce dernier s’occupera de la construction de la ville en 803, et mourut en 828. L’administration du Royaume sera confiée à ses fils, puis à ses frères, tandis que la ville de Fès prospérera économiquement. En 857 et 859 la cité se prévaudra de  prodigieuses réalisations, notamment les mosquées Quaraouiyine  et Andalous. Au début du XI ème siècle, l’aura du règne des Idrissides atteindra Cordoue avant que les divisions en Espagne musulmane ne causent leur décadence et leur disparition en 1055.

La Dynastie  Almoravide

Dynastie Berbère originaire du Sahara, leur nom de l’arabe “Al Mourabitoun” signifie les moines guerriers. Auguste Sultan de cette dynastie, Youssef Ibn Tachfine fondra la ville de Marrakech (future capitale du Royaume) vers 1070, puis s’occupera ensuite de l’unification politique du Maroc et de l’Espagne musulmane. Par son biais, la civilisation Andalouse se répandra au Maghreb avant de conquérir l’Espagne jusqu’a l’Èbre. Ali Ben Youssef, son fils, lui succédera en 1106 pour y régner pendant 37 ans.

La Dynastie Almohade

Dynastie Berbère originaire du Haut-atlas, leur nom provient de l’arabe “Al Mouwahidoune”,” les unificateurs” (ceux qui clament l’unicité de Dieu.) Son fondateur ne sera autre qu’El Mehdi Ibn Toumart, prédicateur à Tinmal (Haut-atlas).

Abdel-Moumen, son disciple, prendra Marrakech pour capitale d’où la construction de la Koutoubia, puis fondera l’Empire Almohade, et parviendra à unifier l’Afrique du Nord, mais décédera à Rabat en 1163 avant de rattacher l’Andalousie à son Empire. Cette gloire reviendra à son successeur Yacoub El-Mansour, victorieux de la bataille  d’Alarcos en 1195, contre les portugais et les espagnols.

Après la disparition de ce dernier, les insuccès militaires suivront, ce qui incitera à la division de l’Empire, puis à la disparition du système religieux d’Ibn-Toumert.

La Dynastie Mérinide

Dynastie Berbère (nomades Zénètes originaires du Bassin de la haute Moulouya). Cette Dynastie aura pour capitale Fès, procèdera à la création de Fès El-Jedid et la construction de plusieurs medersas dont la Medersa El-Attarine, la Medersa Abou Inane, ou encore la Medersa Mérinide à Salé. Celle-ci profitera du déclin de l’Empire Almohade pour s’accaparer des villes de Fès, de Rabat, de Salé et des plaines fertiles du Saiss et du Gharb. Ultérieurement, le Sultan Mérinide Abou Youssef Yacoub s’emparera de la ville de Marrakech en 1269 pour écarter définitivement du pouvoir les Almohades.

En tant que chef suprême de la dynastie mérinide, Abou El-Hassan tentera alors de reconstituer l’Empire vers 1331 d’où la conquête de Tlemcen en Algérie et de Tunis en 1347, mais sans pour autant parvenir à garder l’Espagne et Algéciras en 1340.

En 1348, la peste noire et les rébellions de Tlemcen et de Tunis  marqueront la décadence des Mérinides qui ne parviendront pas à refouler les portugais et les espagnols, leur permettant ainsi, par le biais aussi de leurs successeurs les Wattassides, de s’installer sur la côte. La résistance s’organisera autour des confréries et des marabouts d’où émergera  la dynastie saadienne.

La Dynastie Saâdienne

Dynastie chérifienne (de “Chorfa descendants du prophète Mohamed) originaire de la vallée du Draa, Marrakech sera leur capitale. A partir de 1578, le sultan Ahmed Al Mansour Eddahbi asseoira son règne sur d’importants faits d’armes, dont la victoire  de “la Bataille des trois rois” à Oued El-Makhazine; “la conquête de Tombouctou” d’où il ramènera or et esclaves, ainsi que “la construction du palais El Badiî”, le développement de l’industrie du sucre et des armes… Le règne d’Ahmed Al Mansour Eddahbi prendra fin en 1602.

La Dynastie Alaouite

La Dynastie Alaouite est issue des Chorfa de Tafilalet, descendants de l’Imam Ali, lesquels s’établiront souverainement dans la région, avant d’asseoir leur autorité sur tout le pays à partir de 1666. Le fondateur de la Dynastie et son chef spirituel, Moulay Ali Chérif, ainsi que ses successeurs (notamment Mohamed Ben Ali Chérif, proclamé premier Roi dès 1640) entendront réunifier le Maroc, appliquant par là une stratégie politique et militaire en conséquence.

En 1672, le Roi Moulay Ismaël exercera un pouvoir absolu tout en poursuivant l’œuvre accomplie par ses prédécesseurs. Le Sultan commencera tout d’abord par fonder la ville de Méknès, ville qu’il désignera par la suite capitale du Royaume. Après avoir repris Larache et Tanger, Moulay Ismaël éliminera les pouvoirs politiques et religieux locaux et fondera ainsi l’Empire Chérifien. Son pouvoir sera étendue jusqu’au Sénégal, de même il ordonnera la mise en place d’un réseau de forteresses sur tout le territoire, réseau à partir duquel une armée de métiers opérera .Il se consacrera par la suite à établir des relations diplomatiques fructueuses avec des pays étrangers, particulièrement au temps de Louis XIV et Jacques II d’Angleterre.

Après la mort de Moulay Ismaïl en 1727, Sidi Mohamed Ben Abdallah (Mohamed III) lui succéda en 1757. Musulman fervent, il ne songeait qu’a apporter au pays la paix et la sécurité. Aussi fut-il accueilli comme un homme providentiel et sa proclamation prit le caractère d’un véritable plébiscite. Sitôt investi, il allégea les impôts, frappa une monnaie saine et reconstitua une nouvelle armée recrutée dans les tribus Guich.

Simultanément, il s’employa à fortifier les ports marocains et eut la chance de reprendre Mazagan aux portugais (1769). Il conclut la paix avec les Espagnols et un accord sur les prisonniers avec Louis XV (cet accord que Moulay Ismaïl n’avait pas pu conclure). Considérant que le Maroc avait besoin de renforcer ses relations avec l’extérieur pour compenser la perte du Triq-Sultan (passage stratégique), il signa des traités de commerce avec le Danemark, la Suède, l’Angleterre et les Etats-Unis, qui venaient de proclamer leur indépendance et que Sidi Mohammed fut un des premiers à reconnaître. Il reçut à cette occasion une très belle lettre de George Washington, proposant de conclure un traité d’amitié entre leurs deux pays.

Mais le fait le plus saillant de son règne fut, sans conteste, la fondation de Mogador, dont il confia la construction à l’architecte français Gournot. Sans doute aurait-il fait bien davantage s’il n’avait pas été paralysé par l’insuffisance des moyens. A sa disparition en 1790, le Maroc était mieux portant qu’il ne l’a été avant son règne.

Devenu alors successeur de Moulay Yazid Ben Abdallah qui n’aurait régné que pendant une durée de deux ans (1790-1792), Moulay Slimane chassera les Turcs d’Oujda, bâtira plusieurs mosquées et medersas et ne manquera pas aussi de venir en aide aux Algériens durant la bataille d’Isly.

Suite au soutien de l’Empire Chérifien à l’Émir Abd el-Kader d’Algérie, le Maroc connaîtra alors une crise politique des plus ardues d’où les interventions militaires de la France en 1844 et de l’Espagne en 1859-1860. Les affrontements se poursuivront jusqu’en 1873 sous le règne du Sultan Mohamed IV.

Le Sultan Moulay Hassan Ier, successeur de Mohamed IV, sauvegardant son règne, consolidera son  pouvoir par le ralliement des tribus du Haut Atlas, et modernisera le pays tout en veillant tant bien que mal à son indépendance. Des traités sont alors imposés par la Grande Bretagne, l’Espagne et la France, d’où  par ailleurs, l’endettement du pays auprès des banques étrangères.

Moulay Hassan I er décédera en 1894, et le Sultan Moulay Abdelaziz lui succèdera, régnant jusqu’en 1907, l’année même ou Moulay Hafid prendra le relais. A la suite de l’assassinat de quelques ressortissants  européens, les Français occuperont Casablanca, alors que la France et l’Espagne étaient déjà désignés comme  mandataires de la nouvelle banque d’Etat du Maroc à la conférence d’Algésiras en 1906.

Sa Majesté le Roi Mohammed V

Le Général Lyautey partira en 1925, et la France limitera les prérogatives du pouvoir central Chérifien en procédant de plus en plus par la gestion directe. La résistance s’organisera, formée essentiellement de jeunes élites urbaines . La seconde guerre mondiale marquera une trêve entre l’opposition nationaliste et la France. Pendant la guerre, S.M le Roi Mohamed Ben Youssef (Mohamed V), proclamé  Sultan du Royaume Chérifien en 1927, et donc protecteur de tous ses sujets, défendra avec acharnement la cause des Juifs Marocains face au régime de Vichy.

En 1944, sera proclamé le Manifeste de l’indépendance ; trois ans plus tard, S.M le Roi Mohamed V se prononcera à Tanger (ville internationale) en sa faveur. Durant les cinq années qui suivent, les négociations avec la France n’aboutiront à rien et, en 1952, la crise entre les autorités du protectorat et les nationalistes entraînera des mouvements insurrectionnels tandis que le Sultan sera déposé, puis exilé ainsi que toute la Famille Royale à Madagascar  en 1953.

Cependant, les revers en Indochine,  la guerre d’Algérie déclenchée en 1954, inciteront le gouvernement français à rechercher une solution politique. Le retour d’exil du Souverain se fera en Novembre 1955 pour ouvrir le chemin de l’indépendance, reconnue en 1956 par la France, puis par l’Espagne. Dés les premières années, S.M le Roi Mohamed V entreprendra de doter le pays d’institutions démocratiques et rédigera une Constitution peu de temps avant sa mort, en 1961.

Sa Majesté le Roi Hassan II

Après la mort du Sultan Mohamed V, survenue le 26 février 1961, Moulay Hassan fut intronisé le 3 mars de la même année. Au début de son règne, le Souverain pensera tout d’abord à consolider l’indépendance et unifier le pays, ensuite prendra l’initiative de faire expatrier toutes les troupes étrangères en 1962. Marqué par des difficultés politiques et économiques, le début de ce règne connaîtra un renforcement de la centralisation des pouvoirs. En 1963, s’opposeront, dans les dunes sahariennes, les armées marocaine et algérienne. L’année 1965 verra la mise en place de la réforme agraire, ensuite le retour de la province de Sidi Ifni  à la mère patrie en 1969.

Au plan international, Feu le Roi Hassan II envoya, en 1973, deux contingents militaires, l’un au Golan (Syrie), l’autre au Sinaï (Égypte) pour soutenir ces deux pays dans leur effort de défense contre l’hégémonie israélienne.

Au plan interne, la Marche Verte qui aura lieu en Novembre 1975, afin de réintégrer au Royaume ses provinces sahariennes spoliées, mobilisera tout le peuple marocain derrière son Roi. Ceci signifiera la fin de l’occupation des provinces méridionales du Royaume.

Feu SM le Roi Hassan II comptait parmi les grands Chefs d’Etats dans le monde. Tantôt il veillait, sur le front international, à la sauvegarde de la ville sainte d’Al Qods contre son éventuelle judaïsation, tantôt, sur le front interne, il mettait en place les instruments du développement économique et social du pays : édification de dizaines de barrages, distribution des terres aux agriculteurs démunis pour la réalisation d’une réforme agraire spécifique.

Posant les jalons d’une politique industrielle nationale, il fit installer des usines et des manufactures, relia les principales villes et villages par un important réseau routier et équipa le pays de  ports et d’aéroports.

Concernant le secteur social, l’enseignement, la santé et l’habitat, il fit édifier des hôpitaux, des dispensaires, des écoles, des instituts et des universités. Il abaissa les tarifs des loyers du tiers pour les locataires à faible revenu.

Pour asseoir les bases de la démocratie, il mit en place des conseils communaux, municipaux et ruraux, et fit élire un Parlement. Sous son règne, la carte administrative du Royaume verra plusieurs modifications tendant à créer ainsi, de nouvelles provinces et ce dans le but de rapprocher l’administration des citoyens. Il donna également ses directives pour prendre soin du monde rural. Il fit bâtir des mosquées dont la plus grande, la Mosquée Hassan II à Casablanca, est un véritable joyau de l’architecture islamique. Il institua les Conseils des Oulémas et créa l’Académie du Royaume du Maroc.

A partir des années 1990, le régime évoluera vers davantage de démocratie, le contexte national et international étant pour beaucoup dans cette nouvelle approche de gouvernance.

Avec le décès de S.M. le Roi Hassan II, le 23 juillet 1999, ce sera un Souverain né après l’indépendance qui dirigera désormais les destinées du Royaume, en l’occurrence, Sa Majesté le Roi Mohammed VI dont l’intronisation eut lieu le 30 juillet 1999.